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Dans l'Oisans, 180 sites de compostage partagé fonctionnent sans habitant référent

28/02/2018 | Thème(s) : Collectivité - Compostage partagé

imageAprès la fermeture de l’usine d’incinération (15000 tonnes) en mai 2017, les déchets du territoire de l'Oisans sont acheminés à Grenoble, distante de 50 km. Cette situation a encouragé la communauté de communes de l'Oisans (10 000 habitants permanents, 100 000 en hiver) à développer le compostage de proximité de manière ambitieuse. 180 sites de compostage ont été installés depuis, dont 45 sur la seule commune de Bourg d'Oisans. La communauté de communes gère entièrement le déploiement du dispositif de compostage partagé : définition de l'emplacement, mise en place des bacs, apport de broyat, entretien, brassage, transfert et vidage des bacs vers la plate-forme de déchets verts où se fait la maturation. La plupart du temps, les sites ne sont équipés que de deux bacs. Le compost mûr est ensuite mis à disposition des usagers. Les bacs sont exclusivement en bois pour l’esthétisme et la rigidité, et ont une contenance entre 400 et 800 litres. La fourniture des bioseaux se fait lors des animations en déchetterie ou en mairie.

imagePour le broyat, un site de dépôt est situé à Bourg d’Oisans. Le site est alimenté par les services techniques de Bourg d'Oisans et les paysagistes. Entre 90 et 100m3 de broyat/an sont mis à disposition du compostage partagé. Quatre agents sont en charge du projet et passent sur les sites toutes les semaines ou tous les 15 jours pour les différentes opérations de maintenance (brassage etc.)

Une autre particularité du système est la faible communication faite auprès des usagers. Une plaquette disponible dans les mairies et à l'office de tourisme explique la démarche globale, mais il n'y a pas d'opération de distribution de flyers ou de tenue de stand pour informer les publics. Les premiers sites n'ayant pas fait l'objet de plaintes auprès des élus, le développement s'est poursuivi, et de par le nombre de sites et la particularité du territoire (à Bourg d'Oisans, tout le monde ou presque se connaît!), l'idée a fait son chemin dans l'esprit des habitants. Ainsi, l'implantation de nouveaux sites se fait directement sur une proposition des agents en charge, qui peuvent avoir recueilli préalablement ou pas une demande d'habitant. En général, la participation des habitants est plutôt bonne, mais quand un site manque de dynamisme, peu d'actions sont mises en place. Aucun habitant n'est formé en tant que référent de site.

Concernant enfin les coûts de mise en place et de gestion, le projet trouvera un équilibre économique à partir de 170 sites en fonctionnement, en comparant uniquement avec les coûts de traitement des OM. L'Ademe a aidé au développement du projet à la base à hauteur de 80 %.

Amélie Esmenjaud, Compost'Action, synthèse suite à une visite du dispositif dans l'Oisans en octobre 2017