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Enquête auprès de quelques collectivités sur le matériel utilisé

10/04/2020 | Thème(s) : Collectivité - Compostage en établissement - Compostage partagé - Matériel

De manière à mieux percevoir les pratiques nous avons réalisé une enquête par l'intermédiaire d’un sondage en ligne. Notre enquête n’avait pas les moyens d’une enquête/étude auprès d’un échantillon représentatif, encore moins auprès de toutes les collectivités concernées elle donne toutefois une image des pratiques actuelles à partir de réponses spontanées. Nous avons donc sollicité au début mars les membres du RCC pour connaître leurs pratiques.
Un grand merci au 34 structures qui ont contribués: 18 collectivités, 12 associations, 2 entreprises et 2 particuliers pour un total de plus de 2700 sites de compostage partagé et près de 800 sites de compostage en établissement ! Un total tout à fait significatif, pour représenter une bonne tendance des pratiques et leur évolution.

Quelques résultats sous forme de graphique et quelques commentaires

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On constate que 85% des réponses indiquent avoir retenus du matériel plus résistant pour les sites partagés que pour les particuliers. Ce pourcentage est le même concernant le nombre total de sites concernés. La tendance est donc très nettement marquée. Quelles sont les raisons invoquées pour justifier ce choix? En priorité la nécessité d’un matériel plus durable car plus sollicité est mentionné de manière prioritaire par le plus grand nombre de répondants (12), 5 structures mentionnent qu’un matériel plus résistant nécessite moins d’intervention, moins de réparations coûteuses en temps (Chambéry, Besançon, Ambert, Lyon, Morestel), 4 car la taille est plus grande ou car le matériel est plus fonctionnel ou encore parce que c’est le matériel fourni par la collectivité, 3 structures mentionnent des questions liés à l’esthétique. A mentionner une collectivité, le Sictom de Morestel, choisit le matériel proposé pour le compostage domestique dans le cas de petits sites et investit dans du matériel plus résistant pour les sites de grande taille (dès 20 foyers ou dès 150 repas/jour).

Dans le choix des matériaux, le bois est très nettement privilégié, jugé plus esthétique, plus écologique, permettant l’usage d’une ressource locale, plus facilement réparable et permettant une installation facilitée d’une grille anti-rongeurs

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Qui paie quoi ?

En tant que formateur ou/et accompagnateur de référents de sites de compostage partagé, nous avons souvent insisté, parfois pendant des années pour faire adopter une prise en charge par la collectivité plus importante du matériel nécessaire à la gestion d’un site. La collectivité demande par ses panneaux d’information d’étaler les déchets livrés, de recouvrir de broyat: y a-t-il le matériel nécessaire pour le faire ? Autre exemple: on ne peut pas décemment demander à des bénévoles d’acheter un rouleau complet de grillage pour en poser à peine 20 % sous les bacs ? N’oublions pas que la compétence déchets appartient à la collectivité et non aux citoyens bénévoles. A notre avis, la collectivité devrait fournir tout le matériel nécessitant une bonne gestion et communication, y compris un coffre à outils avec cadenas comme le Grand Chambéry, le Sitom de la Vallée du Mont Blanc et la Métropole de Lyon. En effet il convient d’aider au mieux le travail des bénévoles et il n’est pas toujours facile de coordonner un usage de ces outils quand une seule personne les garde sur son balcon ou dans sa cave.

Vous trouverez ci-après le résultat de notre enquête sous la forme de quatre graphiques. Les données chiffrées correspondent au nombre de répondant sur un total de 34.

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Quelques commentaires:
une bonne majorité des structures mettent à disposition une griffe pour étaler les déchets. Cette griffe n’est pas systématiquement attachée par une chaîne
majoritairement les bénévoles se débrouillent pour trouver un récipient pour prélever le broyat à étaler sur les déchets
La moitié des sites bénéficient de la fourniture d’une ou plusieurs fourches fournies par la collectivité. Etonnamment la pelle est moins fréquemment fournie que la fourche, fournie 9 fois au lieu de 16 pour les fourches
20 collectivités équipent leurs bacs de grilles anti-rongeurs, 6 laissent les bénévoles prendre en charge cet équipement et 11 n’utilisent pas de matériel
Belle évolution concernant cet équipement puisque maintenant 13 structures sur 24 utilisent maintenant un matériel plus résistant que le grillage à poules et déclarent utiliser une grille métallique perforée ou déployée résistante (voir à ce sujet notre article sur les grille anti-rongeurs plus bas dans ce même dossier)



imageCoffre à outil qui sera fourni pour les sites de compostage de quartier par le Sitom de la Vallée du Mont Blanc (Haute Savoie).Construit par une entreprise locale employant des personnes en réinsertion. Dimensions : h=52cm , L=160cm , l=60cm , en pin robuste, 400euros HT




Commentaires sur l'évolution de la prise en charge du matériel et sur sa qualité

Les commentaires apportés à cette question ont été nombreux et généreux. En quelques phrases une synthèse des éléments qui apparaissent le plus souvent.
5 structures mentionnent vouloir consacrer plus d'investissement par la suite à l’achat de matériel
4 la nécessité de fournir un matériel de qualité aux bénévoles
5 mentionnent l’évolution de la qualité du matériel grâce à l’expérience et des retours du terrain aux fabricants. A titre d’exemple le Sybert à Besançon mentionne l’équipement des bacs avec des tôles perforées, l’achat de bioseaux avec une anse en métal plutôt qu’une anse en plastique jugée trop fragile, la recherche d’une pelle pour le broyat plus résistante
2 associations mentionnent la nécessité de négocier pour obtenir un matériel de qualité et qu’il faut faire usage de diplomatie et que ce n’est pas toujours couronné de succès
3 structures mentionnent un matériel de mauvaise qualité: bois qui fend, visserie qui rouille, pièces plastiques fragiles
1 structure, Trivialcompost à Besançon, mentionne que le “pas cher” nécessite de nombreuses réparations plus coûteuses à la collectivité qu’un achat de meilleure qualité
2 structures mentionnent la fourniture de pavés, le Sybert et CDC du Grésivaudan de pavés à mettre sous chaque pied

Et pour terminer la CDC d’Ambert, Livradois, Forez indique demander un subventionnement à la Région pour l’ensemble de l’équipement nécessaire à la gestion d’un site


Agglomération de Dijon métropole
Nous avons pu échanger sur l’évolution des pratiques avec Mme Emilie Nourrin, animatrice du projet Territoire Zéro Déchet Zéro Gaspillage (TZDZG) de la collectivité.
En 2013, l’agglomération s’est engagée avec une association locale (Arborescence) dans la mise en place d'un dispositif "Compostage entre voisins, je participe" en expérimentant la mise en place de 15 sites pilotes de compostage partagé dans des contextes divers (pieds d'immeuble, jardins, habitat social, quartier). A l’époque pour des questions de disponibilité et de praticité, des bacs en plastique identiques aux bacs utilisés pour le compostage chez les particuliers ont été utilisés. A l’usage, ce matériel a été jugé peu pratique notamment par son système d’ouverture des couvercles et des parois; et peu durable, nécessitant de nombreux remplacements pour certaines pièces particulièrement fragiles.. En 2015, un marché a été lancé pour du matériel spécifique au compostage partagé et au renouvellement du marché en 2018, un lot a été ajouté pour avoir du matériel plus volumineux et robuste pour les sites de compostage de quartier. L’expérience des premières années a mis en évidence la nécessité de trouver un matériel plus adapté et résistant pour éviter des réparations qui prennent du temps. L’agglomération utilise maintenant deux types de matériels: des composteurs bois de différents volumes (570 ou 1040L) du fabricant Gardigame (25) pour les sites de compostage en pied d'immeuble par exemple, et un matériel "grande capacité" développé par Alfacy, une structure locale partenaire de l’association Arborescence pour les sites de compostage conséquents, comme les placettes de quartiers (transfert toutes les trois semaines pour les plus importantes).



imageCe matériel est composé de 4 modules de 1,2 à 1,5 m3 chacun, avec des parois et couvercles en douglas, d’origine locale, non-traité, d’une armature et d’un grillage anti-rongeurs en acier galvanisé. Il est garanti 5 ans pour pièces et main d’œuvre. Il est nécessaire de s’accorder quelques années de recul puisque le nouveau matériel est sur site depuis un an pour l’instant mais à ce jour ce matériel de qualité semble tout à fait adapté aux besoins. Il faut compter 200 € pour un site avec une faible participation, 700€ pour un site de participation moyenne et 1800€ pour un site de forte affluence (ex :quartier), sans tenir compte de l’outillage et des bioseaux.
Mentionnons pour information que pour les sites de quartier gérant de gros volumes, les andains de maturation sont acceptés. Tout le dispositif repose sur les habitants volontaires, formés référents ou guides composteurs.



imageArticle rédigé par Christian Nanchen, Maître composteur formateur