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Le broyage mutualisé de déchets verts

24/05/2018 | Thème(s) : Ademe - Broyage - Déchets verts

imageOn entend par service de broyage mutualisé de déchets verts l’acquisition par une collectivité d’un broyeur de végétaux, afin qu’il soit mis à la disposition soit de ses communes membres, soit des particuliers résidant sur le territoire, soit des deux.
La collectivité peut également prêter le broyeur à des établissements demandeurs (ex: établissements scolaires, division départementale des routes, établissements de santé, etc.). Le service de location peut être gratuit ou payant.
Afin que le service fonctionne bien, il sera nécessaire de former l’ensemble des agents techniques des communes à l’utilisation du broyeur dès le début et de prévenir l’usager (agent technique ou particulier) des consignes d’utilisation et de sécurité à chaque nouvelle sortie du broyeur. Il convient aussi de déléguer un agent de la collectivité ou une prestation externe à l’accompagnement et à l’utilisation du broyeur dans chacune de ses prestations.

Les outils et recommandations nécessaires sont les suivants:

- Préparation de documents de consignes d’utilisation
- Convention d’utilisation : assurance responsabilité civile + assurance voiture tracteur + caution (convention en ligne avec pièces à fournir)
- Fiches d’état des lieux
- Carnet de bord du broyeur
- Intégrer l’assurance du broyeur dans l’assurance de la flotte de véhicules de la collectivité (coût moindre)
- Laisser l’essence à la charge de l’usager
- Anticiper et trouver une solution pour stocker le broyeur gratuitement (mise à disposition d’un local par une commune membre, par la collectivité, etc.)
- Essayer de broyer 100 tonnes par an afin de rendre l’investissement optimal

L’objectif de 100 tonnes (2000 m3, ratio pour branchages de 0.05 tonne/m3) pour rendre l’investissement rentable est un seuil moyen observé pour des broyeurs qui valent entre 10000 et 20000€ HT.

Voici quelques recommandations techniques pour la bonne gestion du service :

- Eviter les broyeurs à couteaux pour un prêt aux particuliers. Les couteaux nécessitent d’en prendre grand soin. Si les consignes ne sont pas respectées, les couteaux vont s’abîmer très vite et devront être changés régulièrement, ce qui fera augmenter les frais de maintenance.
- Le prêt aux particuliers permet de détourner plus de tonnages, de sensibiliser au jardinage au naturel au plus grand nombre, ainsi que de diminuer le brûlage de déchets verts.
- Un broyeur inférieur à 750 kg permet d’être tracté derrière tout type de véhicule et sans permis spécifique. Avec un broyeur de poids supérieur, il y aura des coûts supplémentaires
- Enquêter sur les besoins (certaines communes ont peut-être déjà leur propre broyeur)
- Sous-estimer la capacité de broyage pour les usagers. Par exemple, si le broyeur peut prendre des branches de diamètre jusqu’à 15 cm, dire aux usagers qu’il ne prend que des 10 cm, afin qu’il n’y ai pas de tentatives de branchages supérieurs à 15 cm qui pourraient grandement endommager le broyeur.
- Demander aux communes qu’après chaque utilisation une mini-maintenance soit effectuée
- Penser à un outil pour réserver le broyeur directement sur internet (optimisation du planning par prêt en demi journée)
- Ajouter une convention d’utilisation en ligne à remplir et à signer en amont par le particulier et à remettre lors du prêt.
- Organiser les communes en sous-groupes et leur affecter un broyeur par groupe.
- Etat des lieux systématique (même rapide) du broyeur à chaque sortie et retour du broyeur, afin de repérer les possibles problèmes et leurs responsables.

Le portage politique des élus est nécessaire pour un investissement de cette ampleur. Les changements de comportement sont parfois longs, il faut donc communiquer largement sur le prêt de broyeurs et si le broyeur est sous-utilisé, il peut également le mettre à disposition gratuite d’autres structures publiques du territoires : collège, lycée, maison de retraite, hôpitaux, bailleurs sociaux,… ou à une collectivité voisine en demandant une participation financière.

Synthèse de l’étude Ademe sur les “conseils d’optimisation pour les déchets verts”, février 2018