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Les méthodes participatives pour communiquer: Témoignages des formateurs de la Région AURA

21/02/2019 | Thème(s) : Communication - Formation - Outils de communication

imageRomain Crochet, formateur, Compost’action, Chambéry, Savoie

L’intérêt de la méthode participative:
Selon Benjamin Franklin : “Tu me dis, j’oublie. Tu m’enseignes, je me souviens. Tu m’impliques, j’apprends”.
Cette citation témoigne selon moi de la posture que devrait adopter un formateur. Un discours vertical et descendant ne permet l’intégration que d’une infime partie de ce qui est dit.
Lorsque je souhaite transmettre quelque chose, je mets l’accent sur deux éléments.
D’une part, il est nécessaire que le groupe fasse corps. En créant une atmosphère propice, confiance et créativité sont favorisées.
D’autre part, il s’agit de faire émerger les représentations des participants le plus rapidement possible. Les représentations sont comme des lunettes qui filtrent et colorent ce que l’on perçoit au regard de nos références culturelles. Rares sont les personnes qui n’ont aucun avis sur un sujet. Il est donc réellement bénéfique de permettre l’expression de ces avis pour mieux cerner la demande, ouvrir la porte aux richesses de chacun et libérer les représentations qui pourraient éventuellement devenir des obstacles.
Une fois cette phase accomplie, il est plus facile d’établir un référentiel commun et de construire ensemble. Avec l’expérience, je me suis aperçu que cette stratégie permet l’accueil de belles surprises et désamorce les moins souhaitables. Cela demande plus d’adaptation de la part de l’intervenant mais le résultat est souvent plus constructif.
Par ailleurs, j’essaie dans la mesure du possible de favoriser les allers retours entre connaissances et exercices pratiques. Les mains servent l’apprentissage plus efficacement que les oreilles.
Je favorise aussi les travaux en petits groupes. Dans ce cadre participatif, les personnes sont plus actives dans la construction de leur savoir et l’expression est plus aisée que devant l’assemblée entière. Ces échanges construisent, déconstruisent, invitent à se poser des questions et sont parfois l’occasion de jolis débats. La curiosité est attisée et le concept exploré. La formalisation qui suit est mieux accueillie que si l’information était livrée sans être pré-réfléchie. C’est un peu comme lorsqu’on travaille au jardin. On prépare la terre (à la grelinette bien sûr!), on fait parfois un faux semis ou on laisse pousser quelques plantes spontanées bienvenues. Et alors, lorsque la graine est semée, elle peut germer dans de bonnes conditions et se déployer plus facilement.

Sa méthode préférée : Les “brises glaces” ou “ice-breakers” qui allient justement création d’un climat favorable et émergence des représentations.
J’utilise régulièrement le jeu des cordes. Les participants se mettent en cercle alors que plusieures cordes sont disposées au sol. Chaque personne prend un bout de corde qui le relie à un pair et, au signal, bouge dans l’espace et emmêle ainsi intentionnellement les cordes jusqu’à former un gros noeud central.
Dans un deuxième temps, il s’agit de démêler le noeud sans user de la parole.
J’utilise entre autre ce brise glace lors de la formation des guides composteurs, au début du module sur le rôle et les missions. Il introduit bien le travail en réseau. Mais il est aussi facile de le transposer ; en apiculture par exemple, il illustre le travail de concert des ouvrières au sein de la ruche.

Son + d’animateur :
La métaphore, ponctué d’humour. Dans la lignée du biomimétisme, notre quotidien foisonne d’exemples parlants qui illustrent des principes plus complexes. Quand on associe une idée à une réalité connue et expérimentée, on retient! Et si en plus on rigole…..